Le bossu

- C'est Quasimodo, un Steatocranus casuarius. Ses ancêtres vivent dans le grand-monde des fleuves, c'est pour ça que tu ne peux pas l'avoir déjà rencontré. Lui , il a un sacré caractère. Encore, en temps normal, ça peut aller. Mais quand il a des petits, c'est une teigne.
- Cassez-vous !!! Eloignez-vous de mes gosses ou je vous mords !!! Ce matin encore vous m'en avez encore bouffé huit. Vous n'avez pas honte ? Bouf-cichlid! ogré-cailles! maim-chair-fraiche! dévor-petits! manj-bébés! aval-alevins !
- Eh, soit un peu poli. Si tout le monde s'insultait, on ne vivrait plus. D'abord, nous, on n'a rien fait.
- Vous ou les autres, c'est pareil. Je vous déteste. J'avais une soixantaine de gosses. Il ne m'en reste plus que la moitié. Mais ceux-là vous ne les aurez pas, foi de Quasimodo.
-OK, OK, on s'en va. Viens Mandela. Il a raison Quasimodo. (Tout fort pour qu'on l'entende ) : c'est quand même dégueulasse de lui manger ses alevins. (silence, puis à vois basse...) mais c'est si bon! De toute façon tout le monde le fait. Alors on va pas se gêner. Tu a déjà goûté du bébé stéato? C'est un régal. C'est d'une tendresse !! Viens, on va essayer d'en attrapper. (Mandela et sp.44 s'approchent sur la pointe des nageoires. Quasomodo surveille un petit nuage d'alevins fraîchement sortis de l'oeuf, sous l'oeil également vigilent de leur mère, Quasimadame). Ca ne va pas être possible pour le moment. On reviendra plus tard. L'idéal, c'est quand Arthur nous donne à manger à tous. Il y a un tel affollement qu'il faut en profiter. Ou alors dans quelques jours. Là les petits stéato seront assez grands pour fausser compagnie à leurs parents. Ils vont s'aventurer entre les roches et on peut se faire des petits en-cas succulents. Dans ce petit-monde on a de la chance. Il ne se passe pas un cycle lunaire sans qu'une femelle ne crache ses petits. Ceux que je préfère, c'est les alevins axelrodi. En plus de leur saveur, ils ont cette couleur bleue qui met déjà en appétit. D'y penser j'ai les branchies frétillantes . J'en discutais l'autre jour avec Hans l'éclair, un Aulonocara. Lui, il préfère les oeufs. Viens, on va essayer de le trouver. (Après quelques brasses rapides, ils trouvent effectivement Hans qui fouille le sable le long de la plage. Vieille habitude ancestrale qui ne rime plus à rien ici puisque les petits crustacés ne fréquentent pas le sous sol dans cet aquarium) .
- Bonjour Hans, je te présente Mandela le nouvel arrivant. On parle gastronomie et je lui disais que tu t'étais fait une spécialité des oeufs.
- Salut Mandela. Oui, effectivement. Tout a commencé il y a quelques mois. J'étais ce jour-là en compétition avec un autre mâle pour une femelle gravide. On a échangé quelques parades d'intimidation mais il était le plus fort et j'ai dû fuir. Vexé, je suis resté à proximité à observer leur parade nuptiale. Et puis une idée m'est venue quand j'ai vu la femelle pondre. Je me suis caché sous la pierre sur laquelle elle pondait et à peine l'oeuf déposé, je l' ai gobé, vif comme un éclair. La vengance était tellement douce que j'en ai dérobé à plusieurs reprises. Je me faisais poursuivre par l'autre mâle mais qu'est ce que je me suis régalé !!! Les oeufs, c'est sublime. D'abord ça craque sous la dent et puis après ça fond moëlleusement dans la bouche. Je ne sais pas comment les femelles arrivent à les garder trois-quart de cycle lunaire dans leur bouche sans les croquer. A leur place, je ne tiendrais pas. D'ailleurs, je m'en suis fait une spécialité et les femelles prêtes à pondre se méfient de moi maintenant.

Quasimodo


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